Location nue : mise en location et gestion

Pour les propriétaires qui louent un logement vide : préparer le bien, fixer le loyer et les charges, rédiger l'annonce, sélectionner le locataire, établir le bail et l'état des lieux, puis gérer la relation locative, les impayés et les litiges.

L'essentiel

Niveau
Initiation · Gestion locative
Durée
≈ 3 h · 8 modules
Prix
Gratuit, lecture libre, sans inscription
Certificat
Certificat d'achèvement Brik avec un compte gratuit
Mis à jour
13 octobre 2026

Formation en ligne gratuite de Brik, en lecture libre : chaque module se lit sans compte. Un compte gratuit permet de suivre sa progression, de prendre des notes et d'obtenir le certificat d'achèvement.

Programme de la formation

  1. Chapitre 1 : Préparer son bien pour la location — Préparez votre logement avant de le louer : évaluation de son état, travaux prioritaires et budget, équipements utiles, contrôles de sécurité, diagnostics obligatoires et critères de décence. (≈ 22 min)
  2. Chapitre 2 : Fixer le bon loyer et les charges — Fixez un loyer cohérent avec le marché : analyse des annonces comparables, positionnement de votre bien, stratégie de prix, plafonds d'encadrement là où ils s'appliquent, charges récupérables et ajustement du prix. (≈ 25 min)
  3. Chapitre 3 : Rédiger l'annonce locative parfaite — Rédigez une annonce efficace et honnête : titre, description, mentions utiles, photos de qualité, choix des sites de diffusion et gestion des premiers contacts avec les candidats. (≈ 21 min)
  4. Chapitre 4 : Organiser les visites et sélectionner les candidats — Organisez des visites efficaces, rassemblez des dossiers complets et choisissez le locataire avec une grille objective, en respectant la liste des pièces exigibles et l'interdiction des discriminations. (≈ 23 min)
  5. Chapitre 5 : Le bail de location : clauses essentielles et pièges — Rédigez un bail de location nue conforme : durée, mentions et annexes obligatoires, clause résolutoire (obligatoire depuis 2023), clauses utiles comme la solidarité ou la révision du loyer, et clauses abusives à proscrire. (≈ 24 min)
  6. Chapitre 6 : L'état des lieux d'entrée : méthode complète — Réalisez un état des lieux d'entrée précis : préparation, description pièce par pièce, photos datées, signatures et situations particulières, pour comparer sereinement l'état du logement à la sortie. (≈ 19 min)
  7. Chapitre 7 : Gérer la relation locative au quotidien — Gérez la location au quotidien : encaissement des loyers et quittances, communication avec le locataire, réparations selon la répartition légale, révision annuelle du loyer, régularisation des charges et fin de bail. (≈ 22 min)
  8. Chapitre 8 : Gérer les impayés et les litiges — Gérez impayés et litiges : signaux d'alerte, solutions amiables (relance, échéancier, aides), commandement de payer et procédure d'expulsion si nécessaire, et protections préventives (GLI, Visale). (≈ 21 min)

Module 1 / 8 : Chapitre 1 : Préparer son bien pour la location

Préparez votre logement avant de le louer : évaluation de son état, travaux prioritaires et budget, équipements utiles, contrôles de sécurité, diagnostics obligatoires et critères de décence. · ≈ 22 min de lecture

Introduction du chapitre

Félicitations ! Vous venez d'acquérir votre premier bien locatif. Vous avez signé chez le notaire, récupéré les clés, et vous êtes officiellement propriétaire. Maintenant commence une nouvelle phase tout aussi cruciale : transformer ce bien en logement locatif attractif qui se louera rapidement, à un bon prix, et avec un locataire de qualité. Cette phase de préparation est souvent négligée par les investisseurs débutants qui, pressés de générer des revenus locatifs, mettent leur bien en location trop vite, sans préparation suffisante.

Le résultat ? Un bien qui met des semaines ou des mois à se louer, qui part à un loyer inférieur au potentiel du marché, ou qui attire uniquement des locataires peu fiables faute d'être suffisamment attractif pour les bons candidats. Pire encore : un bien mal préparé génère des conflits avec le locataire dès les premiers mois (équipements qui tombent en panne, défauts cachés qui refont surface, aménagements dangereux), ce qui crée du stress, des coûts imprévus, et potentiellement de la vacance locative.

À l'inverse, un bien parfaitement préparé pour la location se loue en quelques jours, au prix du marché ou légèrement au-dessus, attire des candidats de qualité qui se battent pour l'obtenir, et génère très peu de problèmes par la suite car tout a été anticipé et sécurisé dès le départ. La différence entre ces deux scénarios se joue dans les quelques semaines qui suivent l'acquisition, pendant la phase de préparation.

Dans ce premier chapitre, nous allons voir ensemble comment préparer méthodiquement votre bien pour la location : évaluer son état actuel et identifier les travaux nécessaires, prioriser les investissements selon leur impact sur la louabilité et la rentabilité, réaliser ou faire réaliser les travaux essentiels, aménager et équiper le logement de manière optimale, et effectuer tous les contrôles de sécurité et de conformité obligatoires. L'objectif : que votre bien soit irréprochable, attractif, sécurisé, et prêt à accueillir un locataire dans les meilleures conditions.


Évaluer l'état actuel du bien et identifier les besoins

Avant de vous lancer dans quelque travaux ou aménagement que ce soit, vous devez faire un diagnostic complet et objectif de l'état actuel de votre bien. Cette étape d'audit initial est fondamentale car elle conditionne toutes vos décisions ultérieures.

Faire le tour complet du bien pièce par pièce

Munissez-vous d'un carnet, d'un appareil photo, et d'un mètre. Parcourez le bien méthodiquement, pièce par pièce, en notant absolument tout ce qui mérite attention.

Dans chaque pièce, examinez :

Les murs et plafonds : État de la peinture ou du papier peint (propre, tâché, écaillé, fissuré ?), présence de fissures importantes, traces d'humidité (auréoles, moisissures), état des angles et plinthes.

Les sols : Type de revêtement (carrelage, parquet, moquette, lino), état général (propre, usé, abîmé, gondolé ?), solidité, présence de trous ou de zones endommagées.

Les menuiseries : Fenêtres et portes (ouverture/fermeture fluide, serrures fonctionnelles, vitres intactes, joints d'étanchéité corrects, isolation phonique et thermique acceptable ?), volets ou stores (état, fonctionnement).

L'électricité : Nombre de prises dans chaque pièce (suffisant pour un usage normal ?), état apparent des prises et interrupteurs, présence de tableau électrique aux normes, éclairages fonctionnels.

Les équipements fixes : Radiateurs (type, nombre, fonctionnement), VMC ou aération, placards intégrés, éléments de cuisine intégrée si présents.

Zones spécifiques à vérifier :

Cuisine : Meubles de cuisine (état, nombre, propreté), plan de travail (matériau, état), évier (état, robinetterie fonctionnelle), arrivées d'eau et d'électricité pour les appareils électroménagers, aération ou hotte.

Salle de bain : Baignoire ou douche (état, étanchéité, joints propres), lavabo (état, robinetterie), WC (fonctionnement, chasse d'eau, abattant), carrelage mural et au sol (état, propreté), ventilation, rangements.

Couloirs et dégagements : Largeur suffisante, éclairage, rangements (placards, penderies).

Extérieurs si applicable : Balcon ou terrasse (état du sol, garde-corps sécurisés, évacuation des eaux), jardin (entretien nécessaire, clôtures), cave ou parking (état, éclairage, sécurité).

Prenez des photos de chaque défaut ou point d'attention. Ces photos vous serviront de référence pour prioriser les travaux et pour comparer l'avant/après.

Identifier les trois catégories de travaux

Une fois votre diagnostic complet effectué, classez tous les besoins identifiés en trois catégories distinctes. Cette classification vous aidera à prioriser vos investissements.

Catégorie 1 : Travaux obligatoires (sécurité et conformité légale)

Ce sont les travaux que vous DEVEZ impérativement réaliser avant de mettre en location, sous peine d'engager votre responsabilité juridique et de vous exposer à des sanctions. Un logement qui ne respecte pas les normes de décence et de sécurité peut être interdit à la location, et vous pouvez être poursuivi par le locataire ou les autorités.

Exemples de travaux obligatoires :
- Installation électrique dangereuse ou non conforme (fils dénudés, prises cassées, absence de tableau avec disjoncteurs, absence de mise à la terre)
- Installation de gaz dangereuse (fuite, tuyauterie vétuste, chaudière obsolète)
- Absence de chauffage ou chauffage insuffisant (le logement doit pouvoir atteindre 18°C dans les pièces principales)
- Absence d'eau courante (potable, chaude et froide) ou d'évacuation
- Absence d'équipements sanitaires de base (WC, salle d'eau avec baignoire ou douche)
- Présence d'amiante friable, de plomb accessible, ou de termites nécessitant traitement
- Défauts structurels graves (plancher instable, escalier dangereux, garde-corps insuffisants)
- Infiltrations d'eau importantes créant insalubrité
- Absence de ventilation (VMC ou fenêtres ouvrantes) créant condensation excessive
- Rénovation énergétique d'un logement classé G au DPE : il ne peut plus être loué depuis le 1er janvier 2025 (les logements classés F ne pourront plus l'être à partir du 1er janvier 2028)

Ces travaux ne sont pas négociables. Si vous les ignorez et que le locataire se plaint ou qu'il arrive un accident, vous serez responsable civilement et pénalement.

Catégorie 2 : Travaux fortement recommandés (louabilité et attractivité)

Ce sont les travaux qui, sans être strictement obligatoires, sont quasi indispensables pour louer rapidement, à un bon prix, et avec un locataire de qualité. Un bien qui ne répond pas à ces standards aura du mal à se louer face à la concurrence.

Exemples de travaux recommandés :
- Remise en peinture complète si les murs sont sales, tachés, ou dans des couleurs criardes
- Remplacement ou rénovation des sols si très abîmés, sales, ou démodés (moquettes usées, linos déchirés)
- Remplacement des équipements de cuisine ou salle de bain s'ils sont vétustes, sales, ou dysfonctionnels
- Réparation des menuiseries si elles ferment mal, laissent passer l'air/l'eau, ou sont inesthétiques
- Travaux d'amélioration thermique (isolation, fenêtres, chauffage) pour gagner une ou plusieurs classes au DPE : à programmer dès maintenant si le logement est classé F (interdit à la location au 1er janvier 2028) ou E (en 2034) ; pour un logement classé G, ils sont obligatoires (catégorie 1)
- Remise aux normes des installations si elles fonctionnent mais sont anciennes et potentiellement problématiques

Ces travaux représentent un investissement, mais ils se rentabilisent par un loyer plus élevé, une location plus rapide, et moins de problèmes ultérieurs.

Catégorie 3 : Travaux optionnels (confort et différenciation)

Ce sont les améliorations qui apportent un plus mais ne sont pas nécessaires pour louer correctement. Ils peuvent être pertinents si vous visez une clientèle haut de gamme ou si vous voulez vous différencier fortement de la concurrence, mais ils ne sont pas prioritaires.

Exemples de travaux optionnels :
- Rénovation complète haut de gamme (cuisine équipée neuve, salle de bain design)
- Ajout d'équipements premium (domotique, climatisation, lave-vaisselle intégré)
- Aménagements sur mesure (dressing, bibliothèque, déco soignée)
- Travaux paysagers importants sur jardin ou terrasse

Ces investissements ne se rentabilisent que dans certains contextes (locataire haut de gamme, marché tendu, zone premium). Dans la plupart des cas, mieux vaut investir le strict nécessaire.


Prioriser et budgéter les travaux nécessaires

Maintenant que vous avez identifié tous les besoins, vous devez établir des priorités et chiffrer le coût total des travaux à réaliser.

Prioriser selon l'urgence et l'impact

Priorité absolue : les travaux obligatoires

Commencez impérativement par tous les travaux de catégorie 1 (sécurité et conformité). Même si vous avez un budget serré, ne faites JAMAIS l'impasse sur ces travaux. Les risques juridiques, financiers, et humains sont trop importants.

Si votre budget est vraiment très limité et que les travaux obligatoires sont lourds, envisagez de :
- Reporter de quelques mois la mise en location le temps de faire les travaux
- Contracter un petit prêt travaux complémentaire
- Faire vous-même une partie des travaux si vous avez les compétences
- Négocier des facilités de paiement avec les artisans

Priorité 2 : les travaux recommandés à fort ROI

Une fois les travaux obligatoires assurés, concentrez-vous sur les travaux recommandés qui ont le meilleur retour sur investissement. Tous les travaux de catégorie 2 ne se valent pas : certains ont un impact énorme sur la louabilité pour un coût modéré, d'autres coûtent cher pour un impact limité.

Travaux à fort ROI (à privilégier) :
- Peinture complète en blanc ou couleurs neutres : coût modéré (500-1500€ selon surface), impact énorme sur l'impression de propreté et de fraîcheur
- Remplacement des sols très abîmés par des revêtements corrects (parquet stratifié, lino de qualité) : coût moyen (1000-3000€), impact fort sur l'attractivité
- Rénovation de la cuisine si vraiment vétuste (meubles de base propres, plan de travail neuf, évier fonctionnel) : coût moyen (1500-4000€), impact fort car c'est une pièce clé
- Rénovation de la salle de bain si vraiment dégradée : coût moyen à élevé (2000-6000€), impact fort pour les mêmes raisons

Travaux à ROI moyen ou faible (à différer si budget serré) :
- Changement des fenêtres si elles sont fonctionnelles mais vieilles : coût élevé (3000-8000€), impact moyen sauf si vraiment inadaptées
- Isolation thermique poussée : coût élevé, impact sur le confort mais pas toujours sur la louabilité immédiate, sauf si elle conditionne le droit de louer (logement classé G aujourd'hui, F à partir de 2028)
- Aménagements sur mesure ou équipements haut de gamme : coût élevé, impact uniquement sur segment premium

Obtenir des devis et chiffrer précisément

Pour chaque type de travaux que vous envisagez, obtenez au moins 2 à 3 devis d'artisans ou d'entreprises. Ne vous contentez jamais d'une seule estimation ou d'un chiffrage approximatif "au doigt mouillé".

Comment obtenir de bons devis :

Contactez des artisans recommandés (par des connaissances, des avis en ligne vérifiés, des annuaires professionnels). Méfiez-vous des artisans trouvés au hasard sans référence.

Décrivez précisément les travaux à réaliser. Si possible, montrez des photos, faites venir l'artisan sur place pour qu'il se rende compte de l'ampleur.

Demandez un devis détaillé écrit, ligne par ligne, avec le détail des matériaux utilisés, le temps de main d'œuvre, et le prix TTC global.

Comparez les devis non seulement sur le prix total, mais aussi sur le détail des prestations, les garanties, les délais d'intervention.

Vérifiez que l'artisan est bien assuré (responsabilité civile professionnelle, décennale si applicable), et qu'il vous fournira une facture en bonne et due forme.

Budgétiser avec une marge de sécurité

Une fois vos devis obtenus, additionnez tous les coûts et ajoutez systématiquement une marge de sécurité de 15 à 20%. Les travaux dépassent presque toujours le budget initial : mauvaises surprises en cours de chantier, ajustements nécessaires, petits imprévus.

Exemple de budget travaux pour un T2 de 45m² nécessitant une remise en état standard :
- Peinture complète (murs, plafonds, menuiseries) : 1200€
- Remplacement sol cuisine et salle de bain (lino) : 800€
- Rénovation cuisine (meubles bas/hauts, plan de travail, évier) : 2500€
- Rénovation salle de bain (douche, lavabo, carrelage mural) : 3500€
- Électricité (ajout prises, remplacement tableau) : 600€
- Plomberie (remplacement robinetterie, joints) : 400€
- Menuiseries (réparations fenêtres, serrures) : 500€
- Nettoyage professionnel final : 200€
Total : 9700€
Avec marge 20% : 11 640€

Ce budget peut paraître élevé, mais il garantit un bien attractif qui se louera vite et bien. Voyez-le comme un investissement, pas comme une dépense.


Réaliser ou faire réaliser les travaux

Vous avez votre liste de travaux prioritaires et votre budget. Maintenant, passons à l'action : qui va réaliser les travaux, et comment piloter le chantier efficacement ?

Faire soi-même ou déléguer à des professionnels ?

Faire soi-même : quand c'est pertinent

Si vous avez des compétences en bricolage, que vous avez du temps disponible, et que les travaux ne nécessitent pas de qualification professionnelle spécifique, vous pouvez réaliser vous-même certains travaux pour économiser la main d'œuvre.

Travaux faisables soi-même (si compétent) :
- Peinture (murs, plafonds, menuiseries)
- Pose de revêtements de sol simples (parquet flottant, lino)
- Petits travaux de plomberie (remplacement robinetterie, joints)
- Montage de meubles en kit
- Petite maçonnerie (rebouchage trous, ragréage)
- Nettoyage et remise en propreté

Avantages : Économie significative (jusqu'à 50-70% du coût total), contrôle total du timing et de la qualité, satisfaction personnelle.

Inconvénients : Prend beaucoup de temps (plusieurs week-ends ou semaines de travail intensif), risque de résultat médiocre si manque de compétence réelle, fatigue, stress, pas de garantie ou d'assurance en cas de malfaçon.

Faire appel à des professionnels : quand c'est obligatoire ou préférable

Pour tous les travaux touchant à la sécurité, aux installations techniques, ou nécessitant un savoir-faire pointu, faites systématiquement appel à des artisans qualifiés et assurés.

Travaux à confier impérativement à des pros :
- Électricité (installation, mise aux normes, tableau électrique)
- Gaz (installation, réparation, mise en conformité)
- Plomberie importante (refonte circuit, chauffe-eau, chaudière)
- Structure (murs porteurs, charpente, toiture)
- Étanchéité (salle de bain, toiture, terrasse)

Avantages : Travail de qualité professionnelle, garanti, assuré (décennale pour gros œuvre), gain de temps, conformité aux normes, recours possible en cas de problème.

Inconvénients : Coût élevé, nécessité de coordonner et superviser les artisans, dépendance à leurs disponibilités.

La solution hybride (recommandée) :

Dans la plupart des cas, la meilleure approche est hybride : vous faites vous-même les travaux simples et non techniques (peinture, nettoyage, petits aménagements), et vous déléguez les travaux techniques, complexes, ou réglementés à des professionnels.

Cela optimise votre budget tout en garantissant sécurité et conformité.

Piloter le chantier efficacement

Que vous fassiez les travaux vous-même ou que vous les déléguiez, vous devez piloter le chantier de manière organisée pour respecter les délais et le budget.

Établir un planning de travaux

Listez tous les travaux à réaliser dans l'ordre logique (généralement : gros œuvre et démolition d'abord, puis électricité/plomberie, puis revêtements, puis finitions et peinture, puis nettoyage final).

Estimez la durée de chaque étape. Soyez réaliste : les travaux prennent toujours plus de temps que prévu. Si un artisan vous annonce 2 jours, comptez 3-4 jours.

Fixez une date butoir finale pour la fin des travaux, en lien avec votre objectif de mise en location (par exemple : fin des travaux au 15 du mois pour mise en location au 1er du mois suivant).

Coordonner les différents intervenants

Si vous avez plusieurs artisans qui interviennent (électricien, plombier, peintre, etc.), vous devez coordonner leurs passages pour éviter qu'ils se gênent mutuellement ou qu'il y ait des temps morts.

Exemple de séquence logique :
1. Électricien et plombier (saignées dans murs, passage câbles et tuyaux)
2. Plaquiste/plâtrier (rebouchage, lissage murs et plafonds)
3. Carreleur (sol cuisine et salle de bain)
4. Peintre (murs et plafonds)
5. Poseur de sol (parquet ou lino dans les autres pièces)
6. Cuisiniste et installateur salle de bain (meubles et équipements)
7. Nettoyage professionnel final

Communiquez clairement avec chaque artisan sur les dates d'intervention, et vérifiez régulièrement que le planning est respecté.

Contrôler la qualité et accepter les travaux

Inspectez systématiquement le travail de chaque artisan avant de le payer intégralement. Vérifiez que tout fonctionne, que la finition est correcte, qu'il n'y a pas de défauts apparents.

Si vous constatez des malfaçons ou des non-conformités par rapport au devis, signalez-les immédiatement à l'artisan et exigez une correction avant paiement final.

Ne payez jamais l'intégralité avant la fin des travaux. Versez généralement un acompte au démarrage (30-50%), un paiement intermédiaire en cours de chantier si travaux longs, et le solde uniquement à la réception des travaux conformes.


Aménager et équiper le logement de manière optimale

Les travaux structurels et de remise en état sont terminés. Votre bien est propre, fonctionnel, et sécurisé. Maintenant, vous devez l'aménager et l'équiper de manière à le rendre attractif et fonctionnel pour un locataire.

Les équipements indispensables en location nue

Contrairement à une location meublée où vous devez fournir absolument tout (meubles, vaisselle, literie, etc.), en location nue vous n'êtes légalement obligé de fournir que les équipements fixes et les éléments structurels du logement.

Équipements obligatoires (minimum légal de décence) :
- Installation électrique conforme et sécurisée avec prises en nombre suffisant
- Installation d'eau courante (chaude et froide)
- Installation de chauffage adapté (permettant d'atteindre 18°C)
- Cuisine ou coin cuisine avec évier et arrivée d'eau
- Salle d'eau avec douche ou baignoire, lavabo, WC (dans ou hors salle d'eau)
- Revêtements de sol et murs en bon état
- Fenêtres avec fermetures (volets, stores, rideaux)
- Portes avec serrures fonctionnelles

C'est le strict minimum légal. Mais dans la pratique, pour louer correctement face à la concurrence, vous devez souvent aller au-delà.

Les équipements recommandés pour l'attractivité

Dans la cuisine :
- Meubles de cuisine (meubles hauts et bas en nombre suffisant pour le rangement)
- Plan de travail propre et fonctionnel
- Évier avec robinetterie mitigeur (eau chaude/froide)
- Plaques de cuisson (vitrocéramique ou gaz, 2 à 4 feux selon taille logement)
- Hotte aspirante ou système d'aération efficace
- Four (optionnel mais apprécié, surtout pour familles)
- Espace et branchements pour réfrigérateur, lave-linge, et éventuellement lave-vaisselle

Vous ne fournissez généralement PAS les électroménagers en location nue (le locataire vient avec les siens), mais vous devez prévoir les emplacements et branchements nécessaires.

Dans la salle de bain :
- Douche ou baignoire avec robinetterie fonctionnelle
- Lavabo avec miroir au-dessus
- Meuble de rangement ou étagères
- Porte-serviettes, barre de rideau de douche
- Prise électrique pour sèche-cheveux (norme NFC 15-100 : prise rasoir transformateur)
- VMC ou fenêtre pour ventilation

WC :
- Cuvette propre et fonctionnelle
- Chasse d'eau opérationnelle
- Abattant en bon état
- Porte-papier
- Ventilation si WC séparés sans fenêtre

Chambres et séjour :
- Prises électriques en nombre suffisant (minimum 5 prises dans séjour, 3 dans chambres)
- Points lumineux au plafond ou appliques murales avec interrupteurs
- Placards ou penderies (fortement recommandé, surtout dans chambres)
- Volets, stores, ou rideaux pour occulter

Chauffage :
Vérifiez que chaque pièce principale dispose d'un radiateur dimensionné correctement. Le locataire doit pouvoir chauffer son logement facilement et économiquement. Les radiateurs électriques convecteurs basiques (grille-pain) sont à éviter : ils consomment énormément. Privilégiez les radiateurs à inertie ou à chaleur douce, plus économes.

Les petits plus qui font la différence

Pour vous démarquer de la concurrence sans exploser votre budget, ajoutez quelques petits équipements ou aménagements pratiques :

Ces petits détails coûtent quelques dizaines d'euros chacun mais améliorent significativement l'impression générale de soin et de praticité.


Effectuer les contrôles de sécurité et de conformité

Avant de mettre en location, vous devez vous assurer que le logement respecte toutes les obligations légales de sécurité et de conformité. Certains diagnostics sont obligatoires, d'autres sont fortement recommandés.

Les diagnostics immobiliers obligatoires pour la location

Vous devez fournir au locataire, annexés au bail, plusieurs diagnostics techniques à jour :

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE)
Validité : 10 ans (les DPE réalisés avant le 1er juillet 2021 ne sont plus valables depuis le 1er janvier 2025). Il classe le logement de A (très performant) à G (passoire énergétique) en fonction de sa consommation énergétique et de ses émissions de gaz à effet de serre. Un logement trop énergivore n'est plus considéré comme décent et ne peut plus être loué, qu'il s'agisse d'un nouveau bail, d'un renouvellement ou d'une reconduction tacite. En métropole : les logements G+ (plus de 450 kWh d'énergie finale par m² et par an) depuis le 1er janvier 2023, tous les logements classés G depuis le 1er janvier 2025, puis les logements F au 1er janvier 2028 et E au 1er janvier 2034. Le loyer des logements F et G est en outre gelé depuis le 24 août 2022 : ni révision annuelle, ni hausse à la relocation. Depuis le 1er janvier 2026, le DPE est plus favorable aux logements chauffés à l'électricité (coefficient de conversion abaissé de 2,3 à 1,9 ; un arrêté d'août 2026 prévoit 1,7 au 1er janvier 2027) : si votre DPE est antérieur, téléchargez gratuitement sur le site de l'ADEME l'attestation indiquant votre éventuelle nouvelle étiquette. Si votre bien est classé G, sa rénovation énergétique fait partie des travaux obligatoires (catégorie 1) ; s'il est classé F, programmez-la avant 2028.

Le Constat de Risque d'Exposition au Plomb (CREP)
Obligatoire si logement construit avant 1949. Validité : illimitée si absence de plomb, 6 ans si présence. Repère les revêtements contenant du plomb (peintures anciennes) qui peuvent être dangereux surtout pour les enfants.

L'État de l'installation intérieure d'électricité
Obligatoire si installation a plus de 15 ans. Validité : 6 ans. Identifie les anomalies et les risques de l'installation électrique. Si des anomalies graves sont détectées, vous devez les corriger avant mise en location.

L'État de l'installation intérieure de gaz
Obligatoire si installation a plus de 15 ans. Validité : 6 ans. Même principe pour le gaz. Les risques sont encore plus graves (explosion, intoxication CO).

L'État des Risques et Pollutions (ERP)
Validité : 6 mois. Informe le locataire des risques naturels (inondations, séismes), technologiques (industries dangereuses), pollution des sols, radon, présents dans la zone où se situe le bien.

Le diagnostic amiante (parties communes en copropriété)
Si immeuble construit avant 1997, un diagnostic amiante doit être disponible.

Le diagnostic bruit
Si le logement est situé dans une zone d'exposition au bruit d'un aérodrome (plan d'exposition au bruit), une information sur ces nuisances doit être annexée au bail. Le diagnostic d'assainissement non collectif, lui, n'est exigé qu'en cas de vente : il n'est pas obligatoire pour une location.

Ces diagnostics doivent être réalisés par des diagnostiqueurs certifiés. Coût total pour un diagnostic complet : 300 à 600€ selon taille du logement et nombre de diagnostics nécessaires. Ils sont valables plusieurs années, donc vous les rentabilisez sur plusieurs locations successives.

Le Dossier Technique Amiante et les informations copropriété

Si votre bien est en copropriété, vous devez également fournir au locataire :
- Un extrait du règlement de copropriété (parties concernant l'usage du lot et les charges)
- La surface habitable Loi Boutin (comme la surface Loi Carrez, elle exclut les parties de moins de 1,80 m de hauteur, mais elle exclut aussi notamment les vérandas et les combles non aménagés)
- Les montants des charges de copropriété prévisionnelles

Vérification finale avant mise en location : la checklist complète

Avant d'annoncer votre bien, faites une dernière inspection complète pour vous assurer que tout est vraiment prêt.

Checklist de vérification finale :

Sécurité :
- Toutes les installations électriques et gaz sont conformes et sans danger
- Tous les détecteurs de fumée fonctionnent (obligatoire depuis 2015)
- Toutes les serrures et fermetures fonctionnent et sécurisent le logement
- Les garde-corps de balcons/terrasses sont solides et aux normes (hauteur min 1m)
- Aucun risque de chute, de blessure, d'intoxication

Fonctionnalité :
- Toutes les fenêtres et portes s'ouvrent et se ferment correctement
- Tous les volets ou stores fonctionnent
- Toute la plomberie fonctionne sans fuite (robinets, chasse d'eau, évacuations)
- Le chauffage fonctionne dans toutes les pièces
- Toutes les prises électriques et tous les interrupteurs fonctionnent
- La VMC ou les aérations fonctionnent

Propreté :
- Tous les sols sont propres (lessivés, aspirés, sans taches)
- Tous les murs et plafonds sont propres (pas de toiles d'araignée, de traces)
- La cuisine est impeccable (placard, plan de travail, évier, four)
- La salle de bain est impeccable (baignoire/douche, lavabo, WC, carrelages)
- Les vitres sont propres à l'intérieur et l'extérieur
- Les parties extérieures sont propres (balcon, cave, parking)

Esthétique :
- Les peintures et revêtements sont en bon état et neutres
- L'ambiance générale est agréable, lumineuse, accueillante
- Pas d'odeurs désagréables (humidité, renfermé, tabac)
- Tout fait "neuf" ou "bien entretenu"

Si un seul de ces points n'est pas OK, corrigez avant de mettre en location. Ne vous dites jamais "ça ira comme ça" ou "le locataire ne verra pas". Les locataires voient tout, et un détail négatif peut faire fuir un bon candidat.


Points clés à retenir du chapitre

Préparer son bien pour la location est une étape cruciale qui conditionne la rapidité de location, le niveau de loyer obtenu, et la qualité du locataire. Ne la négligez jamais pour gagner quelques semaines ou quelques centaines d'euros.

Commencez par un diagnostic complet pièce par pièce pour identifier tous les besoins. Classez les travaux en trois catégories : obligatoires (sécurité/conformité), recommandés (attractivité), et optionnels (différenciation premium). Priorisez impérativement les travaux obligatoires et les travaux recommandés à fort ROI.

Obtenez plusieurs devis, chiffrez précisément vos travaux, et ajoutez une marge de sécurité de 15-20%. Décidez ce que vous faites vous-même (travaux simples si vous êtes compétent) et ce que vous déléguez aux pros (travaux techniques et réglementés). Pilotez le chantier de manière organisée avec un planning et un contrôle qualité rigoureux.

Équipez votre logement au-delà du strict minimum légal pour le rendre attractif : cuisine fonctionnelle avec meubles et équipements de base, salle de bain complète, placards dans chambres, chauffage performant. Ajoutez quelques petits plus qui font la différence sans coûter cher.

Effectuez tous les diagnostics obligatoires (DPE, électricité, gaz, plomb, ERP) par des professionnels certifiés. Faites une vérification finale complète avec la checklist sécurité/fonctionnalité/propreté/esthétique avant de mettre en location.

Un bien parfaitement préparé se loue vite, bien, et génère peu de problèmes par la suite. Investissez le temps et l'argent nécessaires dans cette phase : c'est le meilleur investissement que vous puissiez faire pour la réussite de votre location.