Garantie locative en Belgique : montant, formes et libération par région

L'essentiel

La garantie locative en Belgique est plafonnée à deux mois de loyer à Bruxelles (baux conclus ou renouvelés depuis le 1er novembre 2024, art. 248 du Code bruxellois du Logement) et en Wallonie (art. 62 du décret du 15 mars 2018), à trois mois en Flandre (art. 37 du Woninghuurdecreet). Le locataire la constitue sur un compte bloqué à son nom, par garantie bancaire ou via le CPAS, jamais en espèces ; elle se libère par accord écrit ou jugement.

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Deux mois de loyer à Bruxelles (baux depuis le 1er novembre 2024) et en Wallonie, trois en Flandre, jamais en espèces chez le bailleur, libérée par accord écrit ou juge de paix : la garantie locative belge, article par article.

La garantie locative en Belgique est plafonnée à deux mois de loyer à Bruxelles et en Wallonie, à trois mois en Flandre, et le bailleur ne la détient jamais lui-même. La garantie locative est la somme que le locataire constitue à l'entrée pour couvrir ses manquements éventuels : loyers impayés, dégâts constatés à la sortie, charges non réglées. Elle n'est pas imposée par la loi : elle n'existe que si le bail la prévoit, ce que font presque tous les contrats. Son plafond, ses formes et son délai de libération dépendent de la région où se trouve le logement, et à Bruxelles de la date de signature du bail.

Trois textes se partagent la matière : l'article 248 du Code bruxellois du Logement, réécrit par l'ordonnance du 4 avril 2024 ; l'article 62 du décret wallon du 15 mars 2018 ; l'article 37 du Woninghuurdecreet flamand du 9 novembre 2018. Un bailleur qui réclame trois mois à Ixelles pour un bail signé en 2025, qui encaisse la garantie sur son propre compte ou qui la bloque six mois après le départ du locataire se met en faute dans les trois régions, avec des intérêts ou une pénalité à la clé. Voici les règles, chiffrées et sourcées, de la constitution à la libération.

Ce qu'il faut retenir

Combien de mois de garantie locative en Belgique, région par région ?

Le plafond se calcule sur le loyer de base, hors charges. Les trois régions ont abaissé ou fixé leur plafond à des dates différentes : la règle applicable est celle en vigueur à la date de signature du bail.

Région Plafond Depuis quand Base légale
Bruxelles 2 mois de loyer, toutes formes Baux conclus ou renouvelés depuis le 1er novembre 2024 Code bruxellois du Logement, art. 248 (ordonnance du 4 avril 2024)
Bruxelles, baux antérieurs 2 mois sur compte individualisé ; 3 mois en garantie bancaire ou garantie CPAS Baux conclus ou renouvelés avant le 1er novembre 2024, jusqu'à leur renouvellement Code bruxellois du Logement, art. 248, version antérieure
Wallonie 2 mois de loyer, toutes formes 1er juin 2023 (décret du 19 mai 2023) Décret du 15 mars 2018, art. 62
Flandre 3 mois de loyer ; 2 mois pour un logement étudiant Baux conclus depuis le 1er janvier 2019 Woninghuurdecreet, art. 37 ; titre III pour le logement étudiant
Communauté germanophone 2 mois bloqués, ou 3 mois en garantie bancaire Décret wallon dans sa version 2019 Décret du 15 mars 2018 tel qu'applicable en Communauté germanophone

La garantie locative à Bruxelles est de 2 mois au plus depuis le 1er novembre 2024, pour les cinq formes admises : c'est la réforme la plus récente du pays. Un bail de neuf ans signé à Schaerbeek en 2022 avec une garantie bancaire de trois mois n'est pas devenu irrégulier ; sa prorogation ou son renouvellement ramène en revanche le plafond à deux mois. La garantie locative en Wallonie est à 2 mois pour tous les baux signés depuis le 1er juin 2023, y compris en garantie bancaire. La garantie locative en Flandre reste à 3 mois, la plus élevée du pays, sauf pour un kot où le titre III du Woninghuurdecreet la limite à 2 mois, hors eau, énergie et télécommunications.

Exemple chiffré

Pour un appartement loué 900 € par mois hors charges, le bailleur peut demander au plus 1 800 € à Bruxelles (bail signé après le 1er novembre 2024) et en Wallonie, 2 700 € en Flandre. Si le loyer est indexé à 945 € au bout d'un an, la garantie ne se « réindexe » pas : elle reste à son montant de départ, le bail ne pouvant exiger un complément en cours de route. Un locataire flamand qui règle 2 700 € en une fois sur un compte bloqué récupère cette somme majorée des intérêts capitalisés, moins les retenues convenues ou jugées, à la fin du bail.

Quelles formes de garantie locative le locataire peut-il choisir ?

Dans les trois régions, le choix de la forme appartient au locataire, pas au bailleur. Celui-ci ne peut ni imposer le compte bloqué plutôt que le CPAS, ni refuser une forme prévue par le texte. Seule la caution personnelle, là où elle existe, suppose l'accord du bailleur.

Forme Bruxelles (art. 248) Wallonie (art. 62) Flandre (art. 37)
Compte individualisé bloqué au nom du locataire Oui, intérêts capitalisés au profit du locataire, privilège du bailleur sur l'actif Oui, mêmes règles Oui (geïndividualiseerde rekening), formulaire standard de preuve
Garantie bancaire constituée par mensualités Oui, la banque garantit le total dès la signature, reconstitution sur 3 ans au plus, sans intérêts dus par le locataire Oui, garantie bancaire constituée progressivement Non prévue comme telle
Garantie bancaire via contrat-type CPAS Oui, le CPAS introduit la demande Oui Oui (OCMW-waarborg, convention avec la banque)
Sûreté réelle au nom du locataire Oui, auprès d'une institution agréée par la FSMA Non Oui (obligation ou bon de capitalisation au nom du locataire)
Caution personnelle Oui ; cumulable avec une autre forme pour le bail étudiant seulement Non Oui, si le bailleur l'accepte

Le compte bloqué reste la forme la plus courante de garantie locative : le locataire verse la somme en une fois sur un compte à son nom dans une banque agréée, les intérêts lui reviennent, et la banque ne libère les fonds que sur accord écrit des deux parties ou sur jugement. En Flandre, le dépôt « e-Depo » auprès de la Caisse des dépôts et consignations du SPF Finances fonctionne sur le même principe. La garantie bancaire bruxelloise permet au locataire de constituer la somme par mensualités constantes pendant trois ans au plus ; la banque où il reçoit ses revenus ne peut la lui refuser pour cause d'insolvabilité. La garantie locative du CPAS couvre un locataire qui ne peut pas réunir la somme ; le bailleur reçoit une attestation et ne peut pas écarter un candidat pour ce motif, ce qui relève de la discrimination fondée sur la fortune ou l'origine sociale, voyez notre article sur le choix du locataire.

Quelles aides existent pour constituer la garantie locative ?

Rassembler deux ou trois mois de loyer d'un coup est le premier obstacle à l'accès au logement. Chaque région a donc organisé une aide, anonyme pour le bailleur afin d'éviter toute discrimination.

Pour le bailleur, la forme et l'origine de l'aide importent peu. Ce qui compte, c'est la preuve que la garantie est constituée avant la remise des clés : attestation de la banque, du CPAS ou du fonds, dont la référence figure dans le bail. Le bail s'enregistre ensuite sur MyRent dans les deux mois, avec l'état des lieux d'entrée, comme l'explique notre article sur l'enregistrement du bail.

Que risque le bailleur qui garde la garantie en espèces ou sur son compte ?

Une garantie remise en espèces ou virée sur le compte personnel du bailleur n'est une forme admise dans aucune des trois régions. Les textes sanctionnent cette pratique de la même façon : le bailleur qui détient la garantie sans la placer sur un compte bloqué doit au locataire des intérêts au taux moyen du marché financier, à Bruxelles avec le taux légal comme minimum, et ce depuis le jour de la remise de la garantie (art. 248 du Code bruxellois, art. 62, § 2 du décret wallon, art. 37 du décret flamand). À Bruxelles, le locataire qui prouve la situation peut même déduire le montant de la garantie, majoré des intérêts, des loyers à venir et le placer lui-même sur un compte à son nom. En Flandre, le locataire d'un bail conclu depuis 2019 peut considérer la somme comme du loyer déjà payé.

Deuxième interdit : se payer sur la garantie en cours de bail. La garantie n'est pas un loyer d'avance. Un loyer en retard se réclame par rappel, mise en demeure puis juge de paix, jamais par prélèvement sur le compte bloqué, que la banque ne débloquerait d'ailleurs pas sans accord écrit ou jugement. Le parcours est décrit dans notre article sur le loyer impayé.

Comment constituer la garantie avant la remise des clés ?

L'ordre des opérations protège le bailleur et respecte le texte régional. Voici la procédure, du bail signé à l'enregistrement.

  1. Inscrire la clause de garantie dans le bail : montant dans le plafond régional à la date de signature, forme laissée au choix du locataire, obligation de produire la preuve avant la remise des clés.
  2. Laisser le locataire choisir la forme et l'informer des aides (CPAS, Fonds du Logement à Bruxelles, Vlaams Woningfonds en Flandre). Pour un compte bloqué, la banque remet un formulaire standard d'attestation.
  3. Recevoir et vérifier la preuve : attestation de la banque mentionnant le compte, le montant et le nom du locataire ; attestation du CPAS ; acte de sûreté réelle. Ranger la pièce avec le bail.
  4. Remettre les clés seulement après. Un locataire qui promet de « régler la garantie le mois prochain » n'a pas de garantie, et le bailleur qui remet les clés sans elle n'a plus de levier.
  5. Dresser l'état des lieux d'entrée détaillé, contradictoire, avant la fin du premier mois d'occupation : sans lui, le locataire est présumé avoir reçu le bien dans l'état où il le rend, et la garantie ne couvrira aucun dégât.
  6. Enregistrer le bail et l'état des lieux sur MyRent dans les deux mois de la signature (IRISrent en plus à Bruxelles), en joignant l'attestation de garantie.

Les montants, la banque, la référence et la date de la preuve sont les quatre informations que le bailleur doit retrouver trois, six ou neuf ans plus tard, au moment de la libération. C'est là que la plupart des litiges naissent : une attestation égarée, un compte dont plus personne ne connaît le numéro, un locataire parti sans laisser d'adresse.

Comment se passe la libération de la garantie locative à la fin du bail ?

À la fin du bail, la garantie et ses intérêts reviennent au locataire s'il a rempli toutes ses obligations. La banque ne rembourse que sur production de l'un de ces deux documents : un accord écrit du locataire et du bailleur établi après la fin du bail, lettre ou formulaire spécial de la banque signé par les deux ; ou la copie d'un jugement exécutoire, c'est-à-dire exécutable malgré un recours. La décision sur le fond appartient au juge de paix du lieu du bien.

Trois issues sont possibles après l'état des lieux de sortie, comparé à celui d'entrée :

  1. Rien à retenir : les deux parties signent le formulaire de libération de la banque, qui verse la totalité au locataire.
  2. Une retenue convenue : loyers dus, solde du dernier décompte de charges, dégâts chiffrés sur devis, hors vétusté et usage normal. Les deux parties signent un accord de répartition ; la banque verse à chacun sa part.
  3. Un désaccord : l'une des parties saisit le juge de paix, qui tranche ; la banque libère sur jugement.

Les délais diffèrent selon la région. À Bruxelles, pour les baux conclus ou renouvelés depuis le 1er novembre 2024, le Code impose au bailleur de libérer la garantie dans les deux mois de la remise des clés, sauf procédure contentieuse ; à défaut, il verse au locataire une somme égale à 10 % de la garantie multipliée par le nombre de mois de retard. Dans un immeuble à appartements géré par un syndic, une partie de la garantie peut rester bloquée jusqu'à la clôture annuelle des comptes de charges. En Flandre, le bailleur qui conteste doit saisir le juge dans l'année qui suit la fin du bail, faute de quoi sa demande est prescrite ; pour un logement étudiant, ce délai tombe à trois mois. En Wallonie, l'article 62, § 3 n'admet la libération qu'au profit de l'une ou l'autre partie, sur accord écrit établi au plus tôt à la fin du bail, ou sur copie d'une décision judiciaire ; le juge de paix sanctionne une rétention sans motif.

Garantie locative et kot étudiant, colocation, vente du bien : les cas particuliers

Le bail étudiant a ses propres plafonds. En Wallonie, l'article 82/1 du décret limite la garantie d'un kot à deux mois, comme pour tout bail. En Flandre, la garantie d'une studentenhuurovereenkomst ne peut dépasser deux mois de loyer, hors eau, énergie et télécommunications ; elle ne peut être demandée que trois mois avant le début du bail et, si le bailleur l'a gardée sur son compte, il la restitue dans les trois mois du départ, avec intérêts. À Bruxelles, le bail étudiant est le seul cas où une caution personnelle peut se cumuler avec l'une des quatre autres formes. Notre article sur le bail étudiant détaille ces régimes.

En colocation, la garantie se calcule sur le loyer global du bail unique et reste affectée au bail quand un colocataire part : la banque ne libère pas la part du sortant en cours de route, c'est le remplaçant qui le rembourse selon le pacte de colocation, qui doit prévoir cette répartition à Bruxelles comme en Wallonie. Voyez notre article sur la colocation. Quand le bien est vendu en cours de bail, la garantie suit le bail : l'acquéreur devient bailleur, la banque enregistre le changement sur présentation de l'acte, et le vendeur n'a rien à restituer.

La garantie locative suivie, du premier jour à la libération

Brik consigne la forme, le montant, la banque, la référence et la preuve de la garantie, vérifie le plafond de votre région à la date du bail, puis prépare la répartition et le document de libération à la sortie. Brik n'encaisse rien et ne bloque rien : l'argent reste à la banque, au nom du locataire.

Voir la garantie locative dans Brik →

Erreurs fréquentes des bailleurs sur la garantie locative

Questions fréquentes

Quel est le montant maximal de la garantie locative en Belgique ?

Deux mois de loyer hors charges à Bruxelles pour les baux conclus ou renouvelés depuis le 1er novembre 2024, deux mois en Wallonie depuis le 1er juin 2023, trois mois en Flandre pour les baux conclus depuis le 1er janvier 2019, deux mois pour un logement étudiant flamand. La règle applicable est celle en vigueur à la date de signature du bail, et le bail peut prévoir moins, jamais plus.

Le locataire peut-il verser la garantie locative en espèces ou sur mon compte ?

Non. La garantie se constitue sur un compte bloqué au nom du locataire, par garantie bancaire, par le CPAS ou, selon la région, par sûreté réelle ou caution personnelle. Un bailleur qui la reçoit en espèces ou sur son compte doit des intérêts au taux moyen du marché financier depuis le jour de la remise, et ne peut rien conserver à la sortie sans accord écrit ou jugement.

Puis-je retenir la garantie locative pour un loyer impayé en cours de bail ?

Non. La garantie attend la fin du bail : la banque ne la libère qu'après la sortie, sur accord écrit des deux parties ou décision du juge de paix. Un loyer impayé en cours de bail se réclame par rappel, mise en demeure recommandée, conciliation puis requête devant le juge de paix, jamais par prélèvement sur la garantie, qui servira seulement à solder les sommes dues à la sortie.

Combien de temps ai-je pour libérer la garantie après le départ du locataire ?

À Bruxelles, deux mois à compter de la remise des clés pour les baux conclus ou renouvelés depuis le 1er novembre 2024 ; au-delà, le bailleur doit 10 % de la garantie par mois de retard. En Flandre, le bailleur qui conteste doit saisir le juge dans l'année qui suit la fin du bail. En Wallonie, le décret n'admet la libération que sur accord écrit postérieur à la fin du bail ou sur décision judiciaire, et le juge de paix sanctionne une rétention injustifiée.

Qui choisit la forme de la garantie locative, le bailleur ou le locataire ?

Le locataire. Les trois textes régionaux énumèrent les formes admises et laissent le choix au preneur : compte individualisé, garantie bancaire, garantie du CPAS, et selon la région sûreté réelle ou caution personnelle. Le bailleur ne peut imposer une forme ni refuser celle que le locataire propose, à la seule exception de la caution personnelle, qui suppose son accord à Bruxelles comme en Flandre.

Que devient la garantie locative si je vends le logement loué ?

Elle suit le bail. L'acquéreur reprend les droits et obligations du bailleur, y compris sur la garantie bloquée au nom du locataire : la banque enregistre le changement de bailleur sur présentation de l'acte de vente, et le vendeur n'a rien à restituer. À la fin du bail, c'est le nouveau propriétaire qui signe l'accord de libération avec le locataire ou saisit le juge de paix en cas de litige.

La garantie locative d'un kot étudiant suit-elle les mêmes plafonds ?

Pas partout. En Flandre, la garantie d'un logement étudiant est limitée à deux mois de loyer, contre trois pour un bail ordinaire, et ne peut être demandée que trois mois avant le début du bail. En Wallonie, l'article 82/1 du décret fixe aussi deux mois. À Bruxelles, le plafond de deux mois s'applique, et le bail étudiant est le seul cas où une caution personnelle peut se cumuler avec une autre forme de garantie.

Sources

Les règles citées renvoient à leur texte officiel. Vérifiez la version en vigueur à la date de votre situation.