Bail de courte durée en Belgique : 3 ans maximum, prorogation, renon

L'essentiel

Le bail de courte durée en Belgique est un bail de résidence principale écrit de trois ans au plus, prévu par le Code bruxellois du Logement, le décret wallon de 2018 et le Woninghuurdecreet flamand. Il se proroge par écrit, une fois à Bruxelles et en Flandre, deux fois en Wallonie, sans dépasser trois ans. Sans renon trois mois avant le terme, il devient un bail de neuf ans. Le locataire part avec trois mois de préavis et une indemnité.

·

Trois ans au plus, une prorogation écrite (deux en Wallonie), un renon trois mois avant le terme et une bascule automatique en bail de neuf ans si personne ne bouge : le bail de courte durée belge, article par article.

Le bail de courte durée en Belgique est un bail de résidence principale écrit de trois ans au plus, que l'on proroge une seule fois à Bruxelles et en Flandre, deux fois en Wallonie, et qui devient un bail de neuf ans si personne ne donne de renon trois mois avant son terme. Le bail de courte durée est le contrat qu'un propriétaire signe quand il a un projet daté pour son bien : une vente dans deux ans, le retour d'un enfant après ses études, des travaux lourds à l'horizon. Il obéit à trois textes selon la commune du logement : l'article 238 du Code bruxellois du Logement, l'article 55, § 6 du décret wallon du 15 mars 2018 et l'article 21 du Woninghuurdecreet flamand.

Son piège est le calendrier. Un terme qui passe sans renon ni prorogation écrite transforme le contrat en bail de neuf ans, réputé conclu dès le premier jour, au même loyer. Avant de signer, le bailleur doit donc savoir quand le bail finit, combien de fois il peut le proroger, qui peut y mettre fin avant, à quel prix, et ce qui se passe s'il ne fait rien. Voici les règles chiffrées des trois régions, telles qu'elles figurent dans les textes et dans la brochure de Bruxelles Logement de janvier 2025.

Ce qu'il faut retenir

Qu'est-ce qu'un bail de courte durée en Belgique ?

Un bail de courte durée de 3 ans au plus, c'est un bail d'habitation affecté à la résidence principale du locataire, conclu par écrit, pour une durée inférieure ou égale à trois ans. Six mois, un an, deux ans, trois ans : la durée est libre, le plafond ne l'est pas. Le Code bruxellois le prévoit à l'article 238, le décret wallon à l'article 55, § 6, le décret flamand à l'article 21, par dérogation à la règle des neuf ans. Un bail écrit qui ne précise aucune durée, ou qui dépasse trois ans, n'est pas un bail de courte durée : c'est un bail de résidence principale de neuf ans.

Toutes les obligations du bail de résidence principale s'appliquent au bail de courte durée : état des lieux d'entrée détaillé avant la fin du premier mois, enregistrement sur MyRent dans les deux mois, garantie locative plafonnée à deux mois à Bruxelles et en Wallonie et à trois en Flandre, indexation annuelle à l'indice santé, provisions ou forfait de charges avec décompte. La date de prise de cours et la date de fin figurent noir sur blanc dans le contrat : ce sont elles qui déclenchent tous les délais qui suivent.

Combien de fois peut-on proroger un bail de courte durée ?

La prorogation d'un bail de courte durée se fait par écrit, dans le bail lui-même ou dans un document postérieur signé par les deux parties, aux mêmes conditions, loyer compris, et sans que la durée totale dépasse trois ans. Les régions ne s'accordent pas sur le nombre de prorogations.

Région Nombre de prorogations Forme Durée totale Texte
Bruxelles Une seule, depuis le 1er novembre 2024 (ordonnance du 4 avril 2024) Écrit : clause du bail, lettre signée des deux parties ou avenant 3 ans au plus Code bruxellois du Logement, art. 238, al. 1 et 2
Wallonie Deux au plus Écrit, aux mêmes conditions 3 ans au plus Décret du 15 mars 2018, art. 55, § 6
Flandre Une seule (« maar eenmaal ») Écrit, aux mêmes conditions 3 ans au plus Woninghuurdecreet, art. 21, § 1

« Aux mêmes conditions » signifie que le loyer de base ne bouge pas à l'occasion de la prorogation ; seule l'indexation annuelle reste possible. Un bail d'un an prorogé de deux ans est donc régulier partout ; un bail d'un an prorogé trois fois d'un an ne l'est nulle part, et à Bruxelles ou en Flandre la deuxième prorogation d'un bail de courte durée est déjà de trop. La prorogation se signe avant le terme : passé celui-ci, on n'est plus dans la prorogation mais dans la bascule décrite ci-dessous.

Pourquoi le bail de courte durée devient un bail de 9 ans sans renon ?

Un bail de courte durée ne s'éteint pas tout seul à sa date de fin. Dans les trois régions, la partie qui veut y mettre fin au terme notifie un renon au moins trois mois avant l'échéance, sans indemnité. Si aucun renon n'est notifié à temps, ou si le locataire continue d'occuper les lieux sans opposition du bailleur, le bail est réputé conclu pour neuf ans à compter de la date d'entrée en vigueur du bail initial, et ce malgré toute clause contraire, même si les parties signent un nouveau contrat entre elles. Le loyer et les autres conditions restent ceux du bail de courte durée initial, indexation comprise.

Concrètement, le locataire d'un bail de deux ans qui reste trois mois de plus se retrouve dans un bail de neuf ans dont deux ans sont déjà écoulés, avec les protections du régime long : le bailleur ne peut plus le rompre que pour occupation personnelle, pour travaux à la fin d'un triennat, ou sans motif à la fin du premier ou du deuxième triennat contre neuf ou six mois d'indemnité. C'est le régime du renon du bail de neuf ans. À Bruxelles, une nuance : le bail de moins de six mois prend fin sans renon à l'expiration de la durée convenue, sauf prorogation (art. 238, al. 3).

Le renon est un écrit daté ; en Wallonie il part par recommandé. Le préavis de trois mois se compte avant la date de fin inscrite au bail : pour un bail qui s'achève le 31 août 2027, le renon doit être notifié au plus tard pour que le préavis commence le 1er juin 2027. Brik rappelle cette échéance trente jours avant, comme le délai d'enregistrement ou la date d'indexation.

Le locataire peut-il résilier un bail de courte durée avant le terme ?

Oui, dans les trois régions, à tout moment, moyennant un préavis de trois mois et une indemnité. Le préavis court du premier jour du mois qui suit la notification : un renon notifié le 12 mars fait courir un préavis du 1er avril au 30 juin. La résiliation du bail de courte durée par le locataire coûte un montant qui dépend de la région.

Région Préavis du locataire Indemnité due au bailleur Texte
Bruxelles 3 mois, à tout moment (bail de 6 mois ou plus) 1 mois de loyer Code bruxellois du Logement, art. 238, al. 4
Wallonie 3 mois, à tout moment 1 mois de loyer Décret du 15 mars 2018, art. 55, § 6
Flandre 3 mois, à tout moment 1,5 mois la première année, 1 mois la deuxième, 0,5 mois la troisième, comptés depuis le début du premier bail Woninghuurdecreet, art. 21, § 2

Exemple chiffré

Pour un loyer de 900 €, un locataire bruxellois ou wallon qui notifie son renon le 10 janvier paie les loyers de février, mars et avril (préavis du 1er février au 30 avril), puis une indemnité de 900 €. En Flandre, s'il part pendant la première année du bail, l'indemnité est de 1 350 € ; pendant la deuxième, 900 € ; pendant la troisième, 450 €. L'indemnité se calcule sur le loyer en cours, indexation comprise, et se réclame avec les loyers du préavis. Elle ne se prélève jamais sur la garantie locative, qui attend l'état des lieux de sortie et un accord écrit ou un jugement, comme l'explique notre article sur la garantie locative.

Deux exceptions jouent en faveur du locataire. En Flandre, tant que le bail n'est pas enregistré après le délai de deux mois de l'article 32, 5° du Code des droits d'enregistrement, ni le préavis ni l'indemnité ne s'appliquent (art. 21, § 2, al. 3) ; Bruxelles et la Wallonie connaissent la même sanction du bail non enregistré, après mise en demeure. Et à Bruxelles, quand le bailleur a lui-même notifié un renon pour occupation personnelle, le locataire peut partir à tout moment avec un contre-préavis d'un mois, sans indemnité.

Le bailleur peut-il récupérer son bien avant la fin du bail de courte durée ?

Le bailleur est bien plus tenu que le locataire. En principe, il attend le terme. Bruxelles et la Wallonie ouvrent une seule porte ; la Flandre aucune.

Région Résiliation anticipée par le bailleur Conditions
Bruxelles Possible après la première année de location Occupation personnelle par le bailleur, son conjoint, ses enfants, petits-enfants ou enfants adoptifs et ceux du conjoint, ses ascendants et ceux du conjoint, ses frères et sœurs et ceux du conjoint ; préavis de 3 mois ; indemnité de 1 mois de loyer (art. 238, al. 4)
Wallonie Possible après la première année Occupation personnelle, dans les conditions de l'article 55, § 2 du décret ; préavis de 3 mois ; indemnité de 1 mois de loyer ; renon par recommandé (art. 55, § 6)
Flandre Impossible Les articles 17 à 20 du Woninghuurdecreet (renon du bailleur) ne s'appliquent pas au bail de courte durée : le bailleur est tenu jusqu'au terme, même pour occupation personnelle (art. 21, § 1)

Le bail de courte durée à Bruxelles et le bail de courte durée en Wallonie ne connaissent ni renon pour travaux ni renon sans motif : le bailleur ne peut pas rompre un bail de deux ans en payant une indemnité, comme il le ferait à la fin d'un triennat d'un bail de neuf ans. L'occupation personnelle doit être réelle et effective dans les délais prévus par le texte régional ; un renon qui ne serait pas suivi d'occupation expose le bailleur à l'indemnité prévue pour le bail de résidence principale. Pour le bail de courte durée en Flandre, la règle est simple : le bailleur qui pense avoir besoin de son bien avant trois ans choisit une durée plus courte dès la signature, car il n'aura aucun moyen d'en sortir ensuite.

Loyer plafonné entre deux baux de courte durée : la règle bruxelloise

Bruxelles a ajouté un garde-fou contre la rotation des locataires. Selon l'article 241 du Code, si des baux de courte durée successifs sont conclus avec des locataires différents, le bailleur ne peut pas louer à un nouveau locataire pour un loyer de base plus élevé, indexation mise à part, pendant les neuf années qui suivent le début du premier bail de courte durée. Deux exceptions : des circonstances nouvelles qui ont majoré la valeur locative normale d'au moins 20 %, ou des travaux aux frais du bailleur qui l'ont majorée d'au moins 10 %, hors travaux de mise en conformité aux exigences élémentaires de sécurité, de salubrité et d'équipement. Avec le même locataire, le loyer ne peut pas augmenter d'un bail court au suivant, et la même règle vaut quand le bail court se poursuit en bail de neuf ans.

La Wallonie et la Flandre n'ont pas de plafond équivalent, mais le principe de la prorogation « aux mêmes conditions » produit un effet proche pour un même locataire. Les pages régionales de Brik (Bruxelles, Wallonie, Flandre) récapitulent ce que chaque texte autorise au moment de remettre un bien en location.

Comment conclure et suivre un bail de courte durée : la procédure

  1. Choisir la durée en fonction du projet : un an pour une vente programmée, deux ou trois ans pour un retour d'enfant ou des travaux. En Flandre, retenir une durée courte si le bien doit revenir au bailleur, puisque aucune résiliation anticipée n'est possible.
  2. Écrire la durée, la prise de cours et le terme, et mentionner que le bail est conclu pour une courte durée au sens de l'article 238 du Code bruxellois, de l'article 55, § 6 du décret wallon ou de l'article 21 du décret flamand.
  3. Prévoir la clause de prorogation dans les limites régionales : une prorogation possible à Bruxelles et en Flandre, deux en Wallonie, trois ans au total, mêmes conditions.
  4. Constituer la garantie locative avant les clés (deux mois à Bruxelles et en Wallonie, trois en Flandre) et dresser l'état des lieux d'entrée détaillé avant la fin du premier mois.
  5. Enregistrer le bail et l'état des lieux sur MyRent dans les deux mois de la signature, IRISrent en plus à Bruxelles : un bail non enregistré prive le bailleur du préavis et de l'indemnité du locataire. Notre article sur l'enregistrement détaille les pièces.
  6. Inscrire deux dates dans l'agenda : la date limite du renon (trois mois avant le terme) et la date anniversaire pour l'indexation à l'indice santé.
  7. Au terme, trancher : renon notifié à temps, prorogation écrite signée avant l'échéance, ou acceptation en connaissance de cause de la bascule en bail de neuf ans.

Cas pratiques

Vente prévue dans deux ans à Liège. Le bailleur signe un bail de courte durée de deux ans, du 1er septembre 2026 au 31 août 2028, avec un loyer de 900 €. Au printemps 2028, l'acquéreur se fait attendre : le bailleur proroge par avenant d'un an, aux mêmes conditions, jusqu'au 31 août 2029, ce que le décret wallon permet (première des deux prorogations possibles). Il note qu'un renon devra être notifié pour un préavis courant au plus tard du 1er juin au 31 août 2029, sans quoi le bail deviendra un bail de neuf ans conclu depuis le 1er septembre 2026.

Retour d'une fille après ses études à Etterbeek. Bail d'un an signé le 1er octobre 2025, prorogé une fois d'un an par écrit avant son terme. En février 2027, la fille revient plus tôt que prévu : le bailleur, après la première année, notifie un renon pour occupation personnelle par sa descendante, avec un préavis de trois mois et une indemnité d'un mois ; le locataire peut répondre par un contre-préavis d'un mois sans indemnité. Une deuxième prorogation n'aurait pas été possible depuis le 1er novembre 2024.

Locataire pressé de partir à Gand. Bail de trois ans entré en vigueur le 1er janvier 2026 ; le locataire notifie son renon le 20 mai 2026. Préavis du 1er juin au 31 août 2026, indemnité d'un mois et demi (1 350 € pour un loyer de 900 €) parce que le bail prend fin pendant la première année. Si le bailleur n'avait pas enregistré le bail dans les deux mois, le locataire aurait pu partir sans préavis ni indemnité.

Le bail de courte durée de votre région, rédigé et daté

Brik rédige le bail de courte durée dans le droit de la commune du bien, le fait signer en ligne, puis tient le calendrier : délai d'enregistrement sur MyRent, date limite du renon avant le terme, prorogation dans la limite régionale, anniversaire d'indexation. Vous décidez, Brik rappelle.

Voir le bail belge dans Brik →

Erreurs fréquentes avec le bail de courte durée

Questions fréquentes

Un bail de courte durée peut-il durer un an renouvelable chaque année ?

Non. Le bail de courte durée se proroge par écrit, aux mêmes conditions, une seule fois à Bruxelles et en Flandre, deux fois au plus en Wallonie, sans que la durée totale dépasse trois ans. Un bail d'un an prorogé une fois de deux ans est régulier ; une reconduction annuelle sans fin ne l'est pas, et le bail devient un bail de neuf ans dès que le terme passe sans renon.

Que se passe-t-il si personne ne donne de renon à la fin du bail de courte durée ?

Le bail est réputé conclu pour neuf ans à compter de la date d'entrée en vigueur du bail initial, au même loyer et aux mêmes conditions, même si les parties signent un nouveau contrat. Le bailleur ne peut plus y mettre fin que dans les cas du bail de neuf ans : occupation personnelle, travaux à la fin d'un triennat, ou sans motif à la fin du premier ou du deuxième triennat contre indemnité.

Le bailleur peut-il rompre un bail de courte durée pour occupation personnelle ?

À Bruxelles et en Wallonie, oui, mais seulement après la première année de location, pour l'occuper lui-même ou le faire occuper par un proche énuméré par le texte, avec un préavis de trois mois et une indemnité d'un mois de loyer. En Flandre, non : les motifs de renon du bailleur ne s'appliquent pas au bail de courte durée, qui court jusqu'à son terme.

Quelle indemnité le locataire doit-il s'il quitte un bail de courte durée avant le terme ?

Un mois de loyer à Bruxelles et en Wallonie, après un préavis de trois mois notifié à tout moment. En Flandre, l'indemnité est dégressive : un mois et demi de loyer si le bail prend fin pendant la première année, un mois pendant la deuxième, un demi-mois pendant la troisième, l'année se comptant depuis le début du premier bail. Aucune indemnité n'est due si le bail n'a pas été enregistré après deux mois.

Faut-il un renon pour un bail de moins de six mois ?

À Bruxelles, non : le bail de moins de six mois prend fin sans préavis à l'expiration de la durée convenue, sauf prorogation, et aucune des parties ne peut le résilier avant son terme (art. 238, al. 3). En Wallonie et en Flandre, la règle générale du renon trois mois avant le terme s'applique à tout bail de courte durée, quelle que soit sa durée.

Peut-on augmenter le loyer à la prorogation d'un bail de courte durée ?

Non. La prorogation se fait aux mêmes conditions que le bail initial, loyer compris ; seule l'indexation annuelle à l'indice santé reste possible. À Bruxelles, l'article 241 va plus loin : entre baux de courte durée successifs avec des locataires différents, le loyer de base est plafonné pendant neuf ans, sauf hausse d'au moins 20 % de la valeur locative ou travaux du bailleur l'ayant majorée d'au moins 10 %.

Le bail de courte durée doit-il être enregistré ?

Oui, comme tout bail de résidence principale : par le bailleur, sur MyRent, dans les deux mois de la signature, gratuitement, avec l'état des lieux d'entrée, et à Bruxelles avec la déclaration IRISrent en plus. Tant que le bail n'est pas enregistré après ce délai, le locataire peut partir sans préavis ni indemnité, ce que l'article 21 du décret flamand écrit expressément pour le bail de courte durée.

Sources

Les règles citées renvoient à leur texte officiel. Vérifiez la version en vigueur à la date de votre situation.