Chapitre 2 : TVA sur marge, IS et fiscalité MDB
Maîtrisez la fiscalité du marchand de biens : TVA sur marge ou sur le prix total, impôt sur les sociétés, droits de mutation réduits en cas d'engagement de revendre, calcul complet d'une opération et pièges.
La fiscalité MDB, c'est trois sujets parallèles à orchestrer
Le marchand de biens cumule trois fiscalités distinctes : IS sur les bénéfices, TVA collectée sur les reventes, et droits d'enregistrement à l'achat. Chacun a ses règles, ses exceptions et ses optimisations. Bien orchestrés, ils permettent de capter 25-35 % de marge nette sur une opération. Mal orchestrés, on perd la moitié de la marge brute en taxes mal anticipées. Ce chapitre détaille les trois piliers et leurs interactions.
Pilier 1 — La TVA sur marge
Principe
Depuis la réforme de 2010, la revente d'un immeuble achevé depuis plus de 5 ans est exonérée de TVA par principe, y compris lorsqu'elle est réalisée par un MDB (article 261, 5, 2° du CGI). Le MDB peut toutefois opter pour la TVA dans l'acte de revente (article 260, 5° bis). Lorsque le bien a été acquis sans TVA, la TVA due est alors calculée sur la marge réalisée et non sur le prix total (article 268 du CGI).
Conditions d'application de la TVA sur marge
- Bien immobilier acquis sans TVA ou sans droit à déduction (typiquement chez un particulier).
- Revente par un assujetti à la TVA (le MDB).
- Revente taxable : sur option pour un immeuble de plus de 5 ans, ou de plein droit pour un terrain à bâtir.
Calcul
TVA sur marge = (Prix de vente - Prix d'achat) × 20 % / 1,20.
Cas type. Achat 200 000 €, revente 280 000 €. Marge brute : 80 000 €. TVA collectée : 80 000 × 0,2 / 1,2 = 13 333 €. Marge nette de TVA : 66 667 €.
Cas où la TVA s'applique sur la totalité du prix
Si le bien est neuf au sens de la TVA (achevé depuis moins de 5 ans, qu'il ait été habité ou non) ou si les travaux l'ont rendu à l'état neuf (reprise de la majorité des fondations, de la structure ou des façades, ou des deux tiers de chacun des éléments de second œuvre), la revente est taxable de plein droit sur le prix total à 20 %.
Cas type. Bien acheté 200 k€, rénové jusqu'à être rendu à l'état neuf, revendu 380 k€ TTC. TVA collectée : 380 000 × 20 / 120 = 63 333 €. La TVA payée sur les travaux est entièrement déductible ; celle de l'achat ne l'est que si le bien a lui-même été acquis avec TVA.
Exemption en cas de revente à un autre MDB
Si on vend à un autre MDB qui prévoit lui-même une revente, la TVA peut être auto-liquidée par l'acquéreur. Mécanisme spécifique, à valider avec le notaire et l'expert-comptable.
TVA déductible à l'achat et sur les travaux
Le MDB assujetti à la TVA peut récupérer :
- TVA sur les frais d'acquisition (hors droits d'enregistrement).
- TVA sur les travaux de rénovation (typiquement 10 % ou 5,5 %).
- TVA sur les frais de structure (avocat, comptable, etc.).
Sur un chantier 50 000 € HT à TVA 10 % : 5 000 € de TVA récupérables.
Calendrier de déclaration TVA
- Mensuel si CA > 4 M€/an.
- Trimestriel si CA inférieur.
- Annuel pour les petites structures (rare en MDB).
Pilier 2 — L'impôt sur les sociétés
Le MDB est-il toujours à l'IS ?
Pas obligatoirement, mais c'est le cas dans 95 % des structures sérieuses. Si le MDB exerce en SARL, SAS, SCI à l'IS, il est à l'IS. Possibilité d'option à l'IR pour SARL de famille (rare en MDB).
Taux d'IS 2026
- Tranche jusqu'à 42 500 € de bénéfice : 15 % (taux réduit PME).
- Au-delà : 25 %.
Conditions taux réduit : CA < 10 M€, capital entièrement libéré et détenu à 75 % minimum par des personnes physiques ou des sociétés répondant aux mêmes conditions.
Bénéfice imposable
Calculé sur le compte de résultat commercial : produits (revente bien) - charges (achat bien, travaux, frais financiers, frais de structure) = bénéfice.
Cas type. Revente 280 000 €. Achat 200 000 €. Travaux 35 000 €. Frais financiers 4 000 €. Frais structure 8 000 €. Bénéfice : 33 000 €.
IS : 33 000 × 15 % = 4 950 €.
Distribution des bénéfices : prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %
Si le MDB se distribue les bénéfices sous forme de dividendes : prélèvement forfaitaire unique (PFU, ou « flat tax ») de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux, après la hausse de la CSG votée par la LFSS 2026), ou option pour le barème progressif.
Sur 28 050 € de bénéfice après IS (33 k - IS 4,95 k), distribution = 28 050 - 31,4 % = 19 242 € nets.
Imposition cumulée IS + PFU : 33 000 → 19 242 = ~42 % d'imposition globale.
Capitalisation interne : alternative à la distribution
Au lieu de distribuer, on conserve les bénéfices en société pour financer la prochaine opération. Pas de flat tax. Effet "boule de neige" sur 5-10 ans : croissance du capital de la société accélérée.
Pilier 3 — Droits d'enregistrement (frais de notaire)
Régime classique investisseur
Droits de mutation à titre onéreux : 5,81 % du prix, ou 6,32 % dans les quelque 83 départements qui ont relevé leur taux depuis le 1er avril 2025 (hausse autorisée par la loi de finances 2025 jusqu'au 31 mars 2028), + émoluments et frais du notaire ~1-2 %. Total : ~7 à 8,5 % à l'achat.
Régime MDB engagé revente 5 ans
Droits réduits à 0,715 % de taxe de publicité foncière + 0,10 % de contribution de sécurité immobilière + émoluments du notaire. Total : ~2-3 % du prix d'achat. Conditions : être assujetti à la TVA et prendre l'engagement de revendre dans l'acte.
Mention obligatoire dans l'acte d'achat : "L'acquéreur déclare faire l'acquisition en vue de la revente, conformément à l'article 1115 du CGI. Il s'engage à revendre le bien dans un délai de 5 ans."
Si revente non réalisée dans les 5 ans
Rappel des droits "normaux" + intérêts de retard. Sur un bien 200 000 €, c'est ~10 000-12 000 € à payer rétroactivement.
Exception : revente partielle
Si vente partielle (par exemple, 3 lots vendus sur 5), les droits réduits s'appliquent au prorata des biens revendus dans les 5 ans. Les biens conservés au-delà subissent le rappel.
Le calcul complet d'une opération
Cas type. Maison achetée à un particulier 200 000 €, vendue à un particulier 285 000 € après travaux 35 000 € HT (TVA 10 %).
Détail des flux
- Achat : 200 000 € + frais MDB (engagement 5 ans) ~5 000 € = 205 000 €.
- Travaux : 35 000 € HT + TVA 10 % = 38 500 € TTC. TVA déductible : 3 500 €.
- Revente : 285 000 € TTC. TVA sur marge collectée : (285 - 200) × 0,2/1,2 = 14 167 €.
- Coûts financiers et structure : 8 000 €.
Calcul de la marge nette (avec option pour la TVA sur marge)
- Recettes brutes : 285 000.
- TVA collectée : -14 167.
- Recettes nettes : 270 833.
- Coûts (achat + frais d'acquisition + travaux HT + structure) : 200 000 + 5 000 + 35 000 + 8 000 = 248 000.
- Bénéfice imposable : 270 833 - 248 000 = 22 833.
- IS 15 % : 3 425.
- Bénéfice net après IS : 19 408.
- Si distribution dividendes : PFU 31,4 % = 6 094.
- Net distribué : 13 314.
Sans option, la revente de cette maison de plus de 5 ans serait exonérée de TVA : la TVA sur marge (14 167 €) disparaît, seule la TVA sur travaux (3 500 €) devient un coût, et le bénéfice imposable monte à 33 500 € (285 000 - 205 000 - 38 500 - 8 000). L'option ne se justifie que si la TVA récupérable sur les dépenses dépasse la TVA due sur la marge.
Comparaison vs investisseur particulier qui aurait fait la même opération
Investisseur particulier : achat 200 + frais 16 = 216. Travaux 38,5 TTC. Revente 285. Plus-value : 285 - 216 - 38,5 = 30,5 k€. Sans abattement (revente < 5 ans), taxation 36,2 % : ~11 k€ d'impôt. Net : 19,5 k€.
MDB net distribué : 13,3 k€ avec option pour la TVA, environ 19,5 k€ sans option. Particulier net : 19,5 k€. Le particulier fait au moins aussi bien sur cette opération unique.
Mais sur 4 opérations par an pendant 5 ans
- Particulier : requalification MDB rétroactive très probable. Cumul 20 opérations en 5 ans = activité habituelle. Redressement : profits imposés en bénéfices industriels et commerciaux au barème de l'IR (jusqu'à 45 %) avec cotisations sociales, rappels de TVA éventuels, intérêts de retard et majorations de 40 à 80 %. Risque : perte totale de la rentabilité.
- MDB déclaré : 4 × 13 314 × 5 = 266 280 € net cumulé sur 5 ans (avec option pour la TVA ; davantage si les reventes sont exonérées). Plus capitalisation interne possible si bénéfices conservés en société.
Stratégies d'optimisation fiscale MDB
Stratégie 1 — Capitalisation IS pure
Ne pas distribuer les bénéfices. Les conserver en société pour financer la prochaine opération. Évite le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % tant que les bénéfices restent en société. Effet à 5-10 ans : capital de la société multiplié par 3-5.
Inconvénient : pas de revenus personnels du MDB. À combiner avec une rémunération de gérant raisonnable.
Stratégie 2 — Holding pour optimiser la transmission
Création d'une holding qui détient les SAS/SARL opérationnelles. Permet :
- Régime mère-fille : exonération IS sur dividendes remontés à la holding (95 % d'exonération).
- Apport-cession (article 150-0 B ter du CGI) : la plus-value d'apport de titres à une holding que l'on contrôle est placée en report d'imposition (et non exonérée) ; si la holding revend les titres apportés dans les 3 ans, elle doit réinvestir au moins 60 % du prix de cession dans une activité économique éligible dans les 2 ans.
- Transmission progressive de parts de holding aux enfants.
Voir formation SCI à l'IS et holdings.
Stratégie 3 — Rémunération mixte gérant
Combiner :
- Salaire raisonnable (charges sociales 30-50 %).
- Dividendes (PFU de 31,4 %).
- Capitalisation IS résiduelle.
Optimisation cas par cas selon le profil et les besoins de revenus.
Stratégie 4 — TVA sur marge optimisée
Choisir entre TVA sur marge et TVA sur prix total selon la nature des travaux. Si travaux < 50 % du prix d'acquisition : TVA sur marge généralement avantageuse. Si rénovation lourde quasi neuve : TVA sur prix total mais déduction TVA travaux complète. Calcul cas par cas avec expert-comptable.
Les pièges fiscaux à éviter
Piège 1 — Oubli de l'engagement de revendre
Acte d'achat sans mention "engagement revente 5 ans" = pas de droits réduits. Perte 5 % du prix d'achat (10 000 € sur un bien 200 k€). À sécuriser avec le notaire avant signature.
Piège 2 — Mauvaise gestion TVA
Oublier de collecter la TVA à la revente, ou collecter trop, ou se tromper de régime (sur marge vs sur prix total). Redressement quasi-systématique en contrôle. Expert-comptable spécialisé MDB indispensable.
Piège 3 — Confondre MDB et investisseur locatif
Mettre une opération MDB dans une SCI à l'IR familiale = redressement quasi-certain. Bien séparer les structures : SCI à l'IR pour locatif long, SAS dédiée pour MDB.
Piège 4 — Distribution mal calculée
Distribution plus haute que les bénéfices distribuables = qualification "abus de bien social" + redressement IR. Toujours vérifier les capitaux propres avant distribution.
Piège 5 — Sous-estimer la fiscalité dans le calcul de marge
Marge brute 60 000 € → après IS + flat tax + TVA → net 35-40 000 €. Si on calcule la viabilité de l'opération sur la marge brute, on se trompe systématiquement. Toujours raisonner net.
À retenir
- 3 piliers fiscaux : TVA (exonération de principe pour un immeuble de plus de 5 ans, TVA sur marge sur option, TVA sur le prix total pour le neuf), IS (15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % au-delà), droits d'enregistrement (réduits 2-3 % avec engagement revente 5 ans).
- TVA sur marge : (Prix vente - Prix achat) × 20 % / 1,2. Pour un bien acquis sans TVA et revendu avec option (ou un terrain à bâtir).
- TVA sur achats, travaux et structure récupérable seulement si la revente est soumise à la TVA : arbitrer option ou exonération opération par opération.
- Frais MDB engagement 5 ans : 2-3 % du prix vs 7 à 8,5 % classique. Économie 9-12 k€ sur 200 k€.
- Capitalisation IS pure (sans distribution) plus efficace fiscalement que la distribution (IS + PFU de 31,4 %).
- Holding : régime mère-fille et apport-cession 150-0 B ter (report d'imposition, et non exonération) pour une transmission optimisée.
- Imposition globale typique d'une opération MDB : environ 40-50 % du bénéfice (IS + PFU de 31,4 % si distribution).
- 5 pièges : oubli engagement revente, mauvaise TVA, confusion MDB/locatif, distribution mal calibrée, fiscalité oubliée dans calcul marge.
Approfondissement TVA : cas particuliers complexes
Cas 1 — Achat d'un immeuble avec biens à usages mixtes
Achat d'un immeuble comprenant : 4 logements + 1 commerce en pied d'immeuble + caves et parkings. La TVA s'applique différemment selon les lots :
- Logements (vente à particulier) : TVA sur marge si vendeur particulier, ou TVA totale 20 % si neuf < 5 ans.
- Commerce : TVA récupérable selon usage acquéreur, possible TVA sur marge ou totale selon configuration.
- Caves/parkings : suivent le sort du logement principal.
Optimisation : ventiler le prix dans l'acte par lot pour appliquer la TVA appropriée à chacun. Variation de TVA collectée totale pouvant représenter 10-15 % du chiffre d'affaires.
Cas 2 — Démolition partielle
Achat d'un immeuble dont une partie est démolie pour reconstruction. La fraction reconstruite peut être qualifiée de "neuf" (TVA totale 20 %), tandis que la fraction conservée reste sous régime "ancien" (TVA sur marge si applicable). Distinction technique à faire avec architecte et fiscaliste.
Cas 3 — Réhabilitation lourde équivalente à un neuf
Si les travaux dépassent 50 % du coût initial du bâtiment et touchent à la structure (façade, planchers, escaliers, gros œuvre), l'administration peut requalifier l'opération comme "neuf" malgré l'origine ancienne. Conséquence : TVA 20 % sur prix total à la revente, mais possibilité de récupérer toute la TVA sur les travaux.
Critères de requalification "neuf" :
- Surface plancher modifiée (extension significative).
- Modification structurelle majeure.
- Changement d'usage (commercial → résidentiel, par exemple).
L'option pour la TVA
Quand opter
Pour un immeuble de plus de 5 ans, la revente est exonérée de TVA sauf si le MDB opte pour la taxer : l'option s'exerce dans l'acte de revente, bien par bien (article 260, 5° bis du CGI). Lorsque le bien a été acheté sans TVA (à un particulier), l'option conduit à la TVA sur marge (article 268). La TVA sur le prix total n'est pas une option : elle s'applique de plein droit lorsque les travaux ont rendu l'immeuble à l'état neuf. Critères de décision :
- Peu de travaux, vendeur particulier : l'exonération est en général la plus favorable (pas de TVA sur la marge, mais TVA sur travaux non récupérable).
- Travaux importants dont la TVA serait récupérable : comparer la TVA due sur la marge et la TVA déductible ; l'option devient intéressante quand la seconde l'emporte.
- Travaux rendant l'immeuble à l'état neuf : TVA sur le prix total obligatoire, avec déduction intégrale de la TVA sur travaux.
Cas comparé
Achat 200 k€ chez particulier, travaux 60 k€ HT (TVA 10 % = 6 k€), revente 320 k€.
Option A : TVA sur marge (sur option)
- TVA collectée : (320 - 200) × 0,2 / 1,2 = 20 k€.
- TVA déductible : 6 k€.
- TVA nette : 14 k€.
Option B : revente exonérée (sans option)
- TVA collectée : 0.
- TVA sur travaux non récupérable : 6 k€ (coût).
- Coût fiscal de TVA : 6 k€.
Ici, l'exonération l'emporte nettement (6 k€ contre 14 k€). La TVA sur le prix total ne concerne que les réhabilitations lourdes qui rendent l'immeuble à l'état neuf : elle est alors obligatoire, mais toute la TVA sur travaux est récupérable.
L'IS : approfondissements
Le passage de tranche 15 % → 25 %
Tranche 15 % limitée à 42 500 €/an. Au-delà, taux 25 %. Stratégies pour optimiser :
- Étaler les ventes sur 2 exercices fiscaux pour rester sous 42 500 € deux fois plutôt qu'une fois 80 000 €.
- Concentrer les charges (frais structure, honoraires conseil) sur l'année à fort bénéfice.
- Provision pour gros entretien futur déductible si justifiée.
Économie type sur étalement
Sans étalement : bénéfice 80 000 € → IS = 42 500 × 15 % + 37 500 × 25 % = 6 375 + 9 375 = 15 750 €.
Avec étalement (40 k€ + 40 k€ sur 2 exercices) : IS = 2 × (40 000 × 15 %) = 12 000 €.
Économie : 3 750 € par cycle de 2 ans. Sur une carrière, plusieurs dizaines de milliers d'euros.
Crédit d'impôt mécénat (article 238 bis CGI)
Si la SAS MDB fait des dons à des organismes éligibles, réduction d'IS de 60 % du don dans la limite de 0,5 % du chiffre d'affaires. Outil de RSE et d'optimisation fiscale.
Distribution dividendes : optimisation pratique
Stratégie de distribution mixte
Pour le dirigeant SAS :
- Salaire raisonnable : 30-50 k€/an pour valider trimestres retraite, sécurité sociale, etc. Cotisations 30-50 % mais déductibles du résultat IS.
- Dividendes complémentaires : prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % en 2026.
- Capitalisation IS : conserver une partie en société pour réinvestissement.
Calcul comparatif
Bénéfice avant rémunération dirigeant : 100 k€.
Schéma A : tout en dividendes
- IS : 42,5 k × 15 % + 57,5 k × 25 % = 6,4 + 14,4 = 20,8 k€.
- Distribuable : 79,2 k€.
- PFU 31,4 % : 24,9 k€.
- Net : 54,4 k€.
Schéma B : salaire 35 k + dividendes
- Salaire 35 k brut, charges sociales 50 % = 52,5 k€ chargés employeur. Déductibles IS.
- Bénéfice avant IS : 100 - 52,5 = 47,5 k€. IS : 42,5 × 15 % + 5 × 25 % = 6,4 + 1,25 = 7,65 k€.
- Dividendes 39,85 k€. PFU 31,4 % = 12,5 k€. Net dividendes : 27,3 k€.
- Net salaire après IR (TMI 30 %) : ~21 k€.
- Total net dirigeant : ~48,3 k€. Plus protection sociale (retraite, maladie, etc.).
Schéma B sort moins net cash mais offre couverture sociale. Choix selon profil et besoins.
Fiscalité internationale et MDB
MDB français qui investit à l'étranger
Voir formation Investissement immobilier étranger. Spécificités MDB :
- Activité MDB exercée à l'étranger via société locale = imposition locale.
- SAS française qui détient parts société locale : régime mère-fille possible.
- Plus-value mondiale taxée en France si MDB résident fiscal France (avec crédit d'impôt local).
MDB étranger qui investit en France
Représentation fiscale obligatoire pour MDB non-résident vendant en France. Impôt 33 % sur les bénéfices (taux MDB non-résident). Conventions fiscales bilatérales applicables.
Contrôle fiscal MDB : préparation
Probabilité élevée
Le MDB est dans le top 5 des activités contrôlées par l'administration fiscale. Probabilité annuelle : 5-15 % selon volume.
Points contrôlés en priorité
- Cohérence achats / reventes / TVA collectée.
- Engagement de revendre dans les 5 ans (frais MDB réduits).
- Classification travaux (déductibles vs immobilisés).
- Cohérence prix vs comparables marché (sous-évaluation à l'achat = donation déguisée ?).
- Distributions dividendes vs capitaux propres distribuables.
Préparation
- Comptabilité tenue rigoureusement, pas de retard.
- Justificatifs scannés et indexés systématiquement.
- Procès-verbaux d'AG complets et signés.
- Dossiers d'opérations (foncier + travaux + revente) bien documentés.
- Adhésion OGA recommandée (examen de cohérence préalable).
Spécificités sectorielles
MDB en zones touristiques
Plus-value potentielle élevée mais risques : régulation locale (Annecy, Saint-Malo, Bordeaux), copros qui interdisent saisonnier, demande qui dépend du tourisme. Marges typiques 25-40 % en haute saison, 15-25 % moyenne.
MDB centre-ville historique
Contraintes ABF, secteurs sauvegardés, autorisations longues. Marges 20-35 %. Cycles 18-24 mois.
MDB périphérie / villes moyennes
Moins de concurrence, marges 25-35 %, cycles 12-18 mois. Demande plus locale, volatilité moindre.
MDB immeuble de rapport
Achat-rénovation-revente d'immeubles entiers. Marges 25-45 %, cycles 18-30 mois. Tickets élevés (500 k€ - 2 M€), nécessite structure financière solide.
Programme de la formation
- Chapitre 1 : Statut de marchand de biens et qualification fiscale — Définir l'intention spéculative, comprendre la requalification de l'administration et choisir entre statut occasionnel et professionnel.
- Chapitre 2 : TVA sur marge, IS et fiscalité MDB — Maîtrisez la fiscalité du marchand de biens : TVA sur marge ou sur le prix total, impôt sur les sociétés, droits de mutation réduits en cas d'engagement de revendre, calcul complet d'une opération et pièges.
- Chapitre 3 : Sourcing d'opérations à fort potentiel — Trouvez des opérations rentables : sources d'opportunités (y compris enchères et biens hors marché), filtres de sélection, calcul de viabilité et négociation de l'achat pour préserver la marge.
- Chapitre 4 : Montage juridique : SAS, SARL, SCI à l'IS — Choisissez la structure juridique de votre activité (SAS, SARL, SCI à l'IS ou holding) selon le capital, la gouvernance, le statut social du dirigeant et la fiscalité de l'opération.
- Chapitre 5 : Financement spécifique du marchand de biens — Financez une opération de marchand de biens : types de crédits, conditions bancaires, business plan à présenter à la banque, fonds propres et coûts financiers à intégrer dans la marge.
- Chapitre 6 : Travaux MDB et exécution rapide — Menez un chantier de marchand de biens vite et bien : arbitrages de travaux, calendrier, choix d'une entreprise générale, pilotage hebdomadaire, économies possibles et pièges qui rognent la marge.
- Chapitre 7 : Cas pratique d'opération MDB complète — Suivez une opération complète de marchand de biens, du sourcing à la revente : évaluation, compromis, financement, travaux, DPE après travaux, compte de résultat de la société et enseignements.
Formation gratuite en lecture libre. Créez un compte gratuit pour sauvegarder votre progression et obtenir le certificat d'achèvement.