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Guide · Bail commercial

Révision du loyer d'un bail commercial : triennale, indexation ILC/ILAT et plafond de 10 %

Le loyer d'un bail commercial évolue de deux façons : par la révision triennale légale, qui se demande tous les trois ans, et par la clause d'échelle mobile, qui l'indexe automatiquement à la périodicité convenue. Dans les deux cas, l'indice de référence est l'ILC pour un commerce ou l'ILAT pour une activité tertiaire, et la hausse d'un loyer déplafonné est limitée à 10 % par an depuis la loi Pinel. Cette page détaille les règles ; le calcul se fait avec le calculateur ILC/ILAT de Brik.
  • Art. L. 145-37 à L. 145-39 c. com.
  • Loi Pinel n° 2014-626
  • Loi n° 2026-403 (clause tunnel)
  • Indices INSEE ILC et ILAT

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En bref

  • Révision triennale : à la demande de l'une des parties, trois ans au moins après l'entrée en jouissance, le renouvellement ou la dernière révision, par acte de commissaire de justice ou lettre recommandée avec avis de réception précisant le loyer demandé (art. L. 145-38).
  • Plafond : la variation du loyer révisé ne peut excéder celle de l'ILC ou de l'ILAT depuis la dernière fixation, sauf modification matérielle des facteurs locaux de commercialité ayant fait varier la valeur locative de plus de 10 %.
  • Clause d'échelle mobile : indexation automatique à la périodicité du bail ; si le loyer a varié de plus d'un quart par son jeu, chacun peut demander une révision à la valeur locative (art. L. 145-39).
  • Dans tous les cas de déplafonnement, la hausse est lissée : au plus 10 % du loyer de l'année précédente, par an (loi Pinel).
  • Baux conclus ou renouvelés à compter du 28 mai 2026 : une clause « tunnel » peut encadrer, dans les mêmes proportions à la hausse et à la baisse, la variation annuelle de l'ILC (loi n° 2026-403).

Deux mécanismes, deux logiques

Le statut des baux commerciaux ne fixe pas le loyer initial : il est librement négocié. Il encadre en revanche son évolution. La révision triennale (art. L. 145-37 et L. 145-38 du code de commerce) est un droit d'ordre public ouvert aux deux parties, que le bail en parle ou non ; elle ne joue jamais seule et suppose une demande en bonne et due forme. La clause d'échelle mobile, ou clause d'indexation, est au contraire une stipulation du bail : elle fait varier le loyer automatiquement, à la date et selon l'indice convenus, sans demande ni accord. La plupart des baux récents comportent une indexation annuelle ; la révision triennale garde son intérêt pour les baux qui n'en ont pas et pour les cas de déplafonnement.

La révision triennale : quand, comment, combien

Quand. La demande ne peut être formée qu'au moins trois ans après la date d'entrée en jouissance du locataire ou après le point de départ du bail renouvelé, puis tous les trois ans à compter de la révision précédente (art. L. 145-38). Il n'y a pas de délai maximal : une révision oubliée reste possible plus tard, mais elle ne rétroagit pas.

Comment. Par acte de commissaire de justice ou par lettre recommandée avec avis de réception, en précisant le montant du loyer demandé. Le nouveau loyer est dû à compter de la demande : un bailleur qui attend six mois après l'échéance triennale perd six mois de loyer révisé. En cas de désaccord, la commission départementale de conciliation des baux commerciaux peut être saisie (avis sous trois mois) avant le juge des loyers commerciaux, le locataire continuant de payer l'ancien loyer pendant la procédure.

Combien. Le loyer révisé doit correspondre à la valeur locative (art. L. 145-33), mais sa variation est plafonnée : elle ne peut excéder la variation de l'indice trimestriel de référence, ILC ou ILAT, depuis la dernière fixation amiable ou judiciaire du loyer. La formule est simple : loyer en cours × dernier indice publié ÷ indice de la dernière fixation. Le plafond saute si une modification matérielle des facteurs locaux de commercialité a entraîné, par elle-même, une variation de plus de 10 % de la valeur locative (nouvelle ligne de tramway, piétonnisation, ouverture d'un centre commercial…). Même alors, la hausse est lissée à 10 % par an. Les investissements du locataire et ses résultats d'exploitation n'entrent pas dans l'appréciation de la valeur locative.

La clause d'échelle mobile : l'indexation automatique

Les parties fixent la clause à la signature : indice (ILC, ILAT ; l'ICC subsiste dans d'anciennes clauses), périodicité (le plus souvent annuelle, à la date anniversaire du bail), indice de base et indice de comparaison. À chaque échéance, le loyer est multiplié par le rapport entre le nouvel indice et l'indice de base, sans intervention du bailleur ni accord du locataire. Deux garde-fous légaux s'y ajoutent. D'abord l'article L. 145-39 : si, par le jeu de la clause, le loyer a augmenté ou diminué de plus d'un quart par rapport au prix précédemment fixé par contrat ou par décision judiciaire, chaque partie peut demander une révision immédiate à la valeur locative, la hausse qui en découle étant elle aussi limitée à 10 % par an. Ensuite, depuis la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026, les baux conclus ou renouvelés à compter du 28 mai 2026 peuvent prévoir une clause « tunnel » qui encadre, dans les mêmes proportions à la hausse et à la baisse, la variation annuelle de l'ILC.

Attention à la rédaction : une indexation qui ne jouerait qu'à la hausse, ou dont la période de variation de l'indice serait plus longue que celle du loyer, expose la clause à être écartée. Faites relire la clause par un professionnel du droit avant signature.

ILC ou ILAT : le bon indice selon l'activité

L'ILC (indice des loyers commerciaux, série INSEE 001532540) est l'indice des activités commerciales et artisanales : commerce de détail, restauration, artisanat immatriculé. L'ILAT (indice des loyers des activités tertiaires, série 001617112) couvre les activités tertiaires et libérales, les bureaux et les entrepôts logistiques. L'INSEE publie les deux chaque trimestre, avec deux trimestres de décalage : l'indice du premier trimestre paraît au début du troisième. Depuis septembre 2014, l'indice du coût de la construction (ICC) n'est plus l'indice de référence de la révision triennale ni du renouvellement ; une clause d'échelle mobile peut encore s'y référer, mais la pratique l'a abandonné au profit de l'ILC et de l'ILAT. Le bail doit nommer l'indice retenu ; en cas de doute sur l'activité (un bureau avec accueil de clientèle, un atelier avec vente), rapprochez-vous d'un professionnel.

Le plafond de 10 % par an : ce que la loi Pinel a changé

Avant 2014, un déplafonnement pouvait doubler un loyer du jour au lendemain. La loi n° 2014-626 du 18 juin 2014 a introduit un lissage : dans les trois cas de déplafonnement (révision triennale après modification matérielle des facteurs locaux de commercialité, révision de l'article L. 145-39 après une variation de plus d'un quart, loyer du bail renouvelé déplafonné), la variation de loyer qui en découle ne peut conduire à des augmentations supérieures, pour une année, à 10 % du loyer acquitté au cours de l'année précédente. Le loyer de marché est donc atteint par paliers annuels. Le Conseil constitutionnel a jugé ce lissage conforme à la Constitution en 2020. Il s'applique aux baux conclus ou renouvelés depuis le 1er septembre 2014 ; pour un bail plus ancien jamais renouvelé, l'ancien régime peut subsister jusqu'au renouvellement. Ces règles ne sont pas d'ordre public : les parties peuvent y déroger dans le bail, ce qui mérite une relecture attentive des clauses de loyer avant signature.

Rattrapage : indexations oubliées et erreurs d'indice

L'oubli est fréquent chez le bailleur qui gère seul : la clause d'échelle mobile joue pourtant de plein droit à chaque échéance, que le bailleur l'ait appliquée ou non. Il peut réclamer les compléments de loyer non appelés, dans la limite de la prescription des loyers (cinq ans en principe, art. 2224 du code civil), en recalculant chaque échéance à partir de la précédente et non du loyer effectivement payé. Le locataire, lui, peut exiger l'application d'une baisse d'indice. Une erreur d'indice (ICC au lieu d'ILC, mauvais trimestre de référence) se corrige de la même façon, et peut être contestée. Pour éviter le rattrapage, tenez un échéancier : date anniversaire, indice de base, indice de comparaison, loyer révisé, courrier envoyé. C'est ce que fait un logiciel de gestion de locaux commerciaux : l'indice paramétré au bail est appliqué à chaque échéance et l'historique conservé.

Révision et renouvellement : ne pas confondre

La révision joue en cours de bail ; le loyer du bail renouvelé se fixe au terme des neuf ans, avec ses propres règles de plafonnement et de déplafonnement (art. L. 145-34). Les deux se cumulent dans la vie d'un bail : indexation annuelle, révision triennale si besoin, puis fixation du loyer renouvelé. La page renouvellement et déplafonnement détaille le terme ; la page charges, travaux et TVA traite de ce qui s'ajoute au loyer. Le guide du bail commercial donne la vue d'ensemble.

Calculer la révision de votre loyer commercial

Le calcul lui-même se fait sur le calculateur ILC/ILAT de Brik, qui tient le tableau des indices INSEE à jour. Cette page vous dit quelle règle appliquer ; le calculateur applique la formule.

Le calculateur ILC / ILAT de Brik

Loyer actuel, indice de référence, date de révision : le calculateur choisit le bon indice INSEE (ILC ou ILAT) et le bon trimestre, applique la formule et, pour une révision triennale ou une indexation déplafonnée, signale la limite de 10 % par an. Vous pouvez recevoir le courrier de révision à adresser au locataire par e-mail.

  • · Tableau des indices ILC et ILAT publiés par l'INSEE, trimestre par trimestre.
  • · Choix automatique de l'indice du trimestre de référence et de l'indice un an plus tôt.
  • · Nouveau loyer hors charges, écart mensuel et annuel.

Pour un logement, c'est l'IRL : calculateur de révision IRL.

Suivre ce bail dans Brik

Pour un local commercial suivi dans Brik, le loyer est révisé automatiquement selon l'indice choisi au bail (ILC pour un commerce, ILAT pour des bureaux), calcul et notification au locataire inclus ; Brik applique l'indice paramétré et conserve l'historique des révisions, ce qui fiabilise la pré-comptabilité. Les échéances triennales font l'objet d'alertes avant chaque date critique du bail 3-6-9.

Brik ne délivre pas de conseil juridique : l'interprétation d'une clause d'indexation, un rattrapage contesté ou une demande de déplafonnement relèvent d'un professionnel du droit.

Au-delà de 20 lots, ou pour gérer pour le compte de tiers, c'est Brik Pro, présenté en visio de démonstration.

Révision du loyer commercial : questions fréquentes

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